« Au nom de la paix, nous devons parler le même langage »

Consolidation de la Paix et de la Sécurité

En presque 40 ans de conflit entre le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) et l’Etat du Sénégal, de nombreuses négociations ont été menées ; mais les différents accords de cessez-le-feu se sont très souvent révélés infructueux. Un des facteurs de ces échecs réside dans le morcellement du MFDC en de nombreuses fractions politiques et militaires, entre le nord et le sud de la région.

Depuis une dizaine d’années, la Casamance connaît une accalmie. Mais les habitants parlent encore d’une situation de « ni guerre ni paix », puisque de nombreuses zones sont encore minées, les réfugiés ne peuvent, pour beaucoup, toujours pas rentrer dans leurs localités, des trafics illégaux sont encore monnaie courante, et aucun accord écrit n’existe entre l’Etat et le MFDC. En février dernier, la COSCPAC, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, a organisé un atelier avec des acteurs de la société civile, afin de recueillir le ressenti des populations. Beaucoup de participants ont identifié la collaboration et l’unification du MFDC comme préalable pour des négociations sérieuses avec l’Etat du Sénégal, afin d’aboutir d’abord à un cessez-le-feu et finalement à un accord de paix définitive.

Dans cette perspective, une rencontre a été organisée, les 27 et 28 mars 2021, à Cap-Skiring, entre différentes ailes politiques du MFDC. Leurs  représentants ont eu l’occasion de présenter leurs expériences respectives, d’échanger sur leurs stratégies, sur des perspectives de négociations et ont mis l’accent sur le dépassement de leurs différends. Tous les participants ont exprimé leur volonté de se pardonner pour pouvoir coopérer, de « parler le même langage » et de mobiliser les membres du MFDC absents de la réunion, afin de servir leur cause commune : représenter au mieux les intérêts des populations de la région naturelle de la Casamance. Finalement, un comité de travail comprenant des représentants des différentes ailes politiques a été mis en place ; ce dernier a désigné un porte-parole qui a lu une déclaration au nom de toutes les ailes politiques présentes à l’atelier. Une session de travail est déjà prévue dans le courant avril, afin d’élaborer un plan d’action commun.

Il est important de souligner  la participation active de membres de la société civile ainsi que des femmes des bois-sacrés toutes et tous soucieux d’un retour à la paix et qui se positionnent comme observateurs avertis et non moins engagés dans le processus d’unification, apportant leur soutien et pressant les membres du MFDC à prendre en compte l’intérêt et les opinions, des populations de la Casamance.

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