Cette paix, tout le monde la veut !

Consolidation de la Paix et de la Sécurité

Un conflit vieux de presque quarante ans, des négociations et des accords non respectés, plus d’un million de mètres carré de terre à déminer, des dizaines de milliers de personnes déplacées. Malgré une accalmie, la région de la Casamance se trouve toujours dans cette situation de « ni guerre, ni paix ».

Une véritable économie de guerre s’est mise en place dans certaines zones incontrôlables ; les habitants se plaignent de vols de bétails réguliers et les enfants nés de parents déplacés ne disposent souvent pas de papiers d’identité. Cette situation fait obstacle au développement d’une région au potentiel pourtant exceptionnel. Des vergers pourrissent sur place, car les agriculteurs ne peuvent accéder aux terrains minés. Le tourisme peine encore à attirer en masse et les investisseurs ne se risquent que trop peu sur des projets de long terme.

C’est pour mieux analyser les ressorts de cette situation que la COSCPAC (Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Casamance) a organisé deux jours de rencontres et d’échanges, dans une approche inclusive et ouverte, car « la paix n’a pas de parti ». Selon Henry Ndecky, le Coordonnateur de la COSCPAC, les missions de la société civile sont d’observer, de sensibiliser le public et d’alerter les autorités, mais aussi de fédérer les voix des personnes concernées et d’accompagner le processus devant mener à des négociations. Les deux jours de rencontre ont donc été consacrés à l’analyse de la situation, par les citoyens qui la vivent au jour le jour, sur le terrain, pour avoir une idée très claire de ce qui s’y passe, identifier les potentiels et réels facteurs bloquants et faire des recommandations.

Le premier jour de la rencontre, dédié aux organisations membres de la COSCPAC, a réuni des représentants de la DPC (la Dynamique de Paix en Casamance), des organisations de femmes, des agriculteurs et exploitants de bois, des associations de personnes victimes de mines, et des représentants de la société civile des pays frontaliers, la Gambie et la Guinée-Bissau. Les participants, réunis selon leurs régions d’origine, ont réalisé une analyse précise de la situation, et émis des recommandations pour faciliter les négociations et la finalisation d’un accord de paix durable, telles que « considérer le conflit en Casamance comme une priorité nationale », « investir dans le développement économique et les infrastructures » et « que l’Etat et le MFDC viennent à la table des négociations sans préjugés, avec une réelle volonté de trouver un compromis ».

La deuxième journée, considérée comme un évènement historique, a permis de rassembler des acteurs mystiques traditionnels, femmes des bois sacrés, prêtresses, sages, roi et reine. Ces personnes ont, de par leur statut, une forte influence dans la région et peuvent être très proches des belligérants. Leur apparition en public est rare, mais leur engagement pour la paix les a fortement mobilisés ;ils ont même participé activement à une conférence de presse. Ils ont pu partager, le temps de la journée, leurs inquiétudes et leur tristesse vis-à-vis du conflit, mais aussi leur attachement sans faille à la Casamance et leur détermination à trouver une solution durable et pacifique.

Si vous l’avez manquée, l’intervention de Monsieur Saliou Konte, Directeur de Programmes: https://www.youtube.com/watch?v=1BV2LqammCc

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