Echanges sur le réchauffement climatique entre syndicaux et organisations de la Société Civile

Promotion de la Justice Sociale

Rencontre climat – 3ième session – le littoral

De par sa position géographique et sa structure sociale, le Sénégal est un pays très vulnérable aux conséquences du dérèglement climatique – désertification, perte de la biodiversité, salinisation des sols, perturbation des stocks halieutiques. Cependant, rassembler les ressources organisationnelles et techniques pour se mobiliser largement sur ce sujet et alerter sur les dangers du défi climatique. Un tel enjeu nécessiterait pourtant une stratégie d’envergure, incluant les populations locales, basée sur une expertise scientifique et soutenue à l’internationale.

C’est pour cette raison que la Fondation Friedrich Ebert soutient depuis l’année dernière l’initiative d’un groupe de travail sur le Climat. Il réunit de nombreux jeunes de centrales syndicales et de la société civile , engagés pour définir une stratégie commune. Lors de leur troisième atelier de rencontre, du 16 au 18 mars, ils ont passé trois jours intensifs pour échanger et se former sur la question de la gouvernance du littoral.

Le littoral, la zone d’interface et d’interaction entre la terre et la mer, représente un écosystème complexe et un ensemble socio-économique particulier. A l’échelle du monde, ce sont des zones à fort potentiel, qui regroupent près de 40% de la population globale. Au Sénégal, les 700 km de côte accueillent les principales villes du pays, ainsi que la majorité de l’activité économique. Mais c’est une zone de grande vulnérabilité face aux risques climatiques, notamment l’érosion côtière. La détérioration de l’environnement se fait pressamment sentir et pèse sur les acteurs locaux, notamment dans le secteur de la pêche. Alors que l’exploitation des hydrocarbures off-shore commence à être débattue, ces sujets doivent impérativement être discutés par les citoyens.

Lors de ces trois jours de formation, des chercheurs en hydrologie et climatologie ont pu présenter aux participants les différents concepts scientifiques vulgarisés. Le professeur Ousmane Ndiaye, du GIEC, a fait sensation en expliquant avec une grande clarté le mécanisme derrière la montée du niveau de la mer. Les intervenants ont également présenté le cadre légal régissant la protection du littoral, ainsi que le concept de GIZC (Gestion Intégrée des Zones Côtières), . Les participants ont également pu s’engager dans des discussions constructives et des travaux de groupes, afin d’élaborer une approche stratégique commune .

Malgré un cadre légal protecteurs et une volonté des acteurs locaux de protéger leur environnement, le groupe a noté les principales défaillances du système. Certains points ont été soulevés concernant l’approche stratégique :

  • Utiliser une approche holistique du problème du climat, afin de considérer tous les éléments comme faisant partie d’un ensemble complexe
  • Capaciter les organisations de société civile, leur donner une expertise pour mieux sensibiliser et alerter, et les coordonner afin que leur travail soit plus efficace
  • Impliquer les acteurs locaux dans l’élaboration des mesures, pour profiter de leurs connaissances et qu’ils s’approprient plus facilement les mesures mises en place
  • Interpeler les autorités publiques sur les problèmes climatiques qui ne sont pas pris en compte dans le cadre légal, et les inciter à traiter ce sujet avec plus de cohérence, au moyen d’instruments adaptés.

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