Relève intergénérationnelle de mouvement des Femmes

Promotion de la Justice Sociale

Photo: FES-SENEGAL

Parité et gouvernance territoriale

Les 04, 05 et 06 février 2021, 38 jeunes femmes ont eu la chance de participer à une formation intensive sur le cadre légal de l’engagement des femmes en politique, notamment sur la loi instaurant la parité au Sénégal et ses enjeux sur la gouvernance territoriale.

Cette session s’inscrit dans un cycle de rencontres organisé par le COSEF (le Conseil Sénégalais des Femmes, organisation trans-partisane), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert. Il s’agit du programme « Renforcement des capacités des jeunes filles et jeunes femmes au Sénégal, pour une meilleure participation politique et citoyenne et pour leur autonomisation - Relève générationnelle ».

Alors que la loi sur la parité garantit la représentation égalitaire des hommes et des femmes dans les instances politiques, la question du leadership des jeunes femmes reste encore incertaine, notamment leur motivation et capacité à se présenter à des postes de décision. Pour assurer une continuité entre les générations, dans les partis politiques et les organisations citoyennes, mais aussi pour améliorer la maîtrise des instruments politiques, il est nécessaire de former et encourager les jeunes femmes dans leur dynamique.

Photo: FES-SENEGAL

Concrètement, cette session de trois jours a permis de capaciter les jeunes femmes sur leurs droits et devoirs, sur les opportunités qui existent dans le cadre de leur engagement citoyen, mais aussi de les inspirer à poursuivre leur engagement et de leur permettre de construire un réseau de partenaires progressistes et féministes. Les enjeux de la loi sur la parité et de l’égalité dans la participation politique au niveau territorial étaient présentés lors d’exposés techniques, suivis de débats entre les participantes. Les consultants Dr. Zeinaba Kane, enseignante-chercheuse en droit et sociologie et membre de l’Association des Juristes Sénégalaises, et M. Ndiaga Sylla, enseignant et spécialiste en gouvernance territoriale, dirigeaient ces séances.

Lors des sessions, les participantes ont aussi eu l’opportunité de rencontrer et d’échanger avec des femmes leaders, pionnières de la lutte pour la participation des femmes en politique au Sénégal. Ces rencontres très riches ont été une source d’inspiration pour les jeunes femmes qui ont pu poser de nombreuses questions à ces femmes au parcours impressionnant.

Photo: FES-SENEGAL
  • L’honorable députée Aïssatou Mbodj, ancienne ministre, qui a exposé avec clarté ce qu’elle a appelé « La longue marche des femmes », ou comment les femmes sénégalaises se sont progressivement imposées sur la scène politique depuis plus de 70 ans, en rappelant que « La parité formelle ne suffira jamais à établir l’égalité dans la répartition du pouvoir »
  • La sociologue et militante révolutionnaire féministe Marie-Angélique Savané, une des fondatrices du mouvement contestataire Yewu-Yewi, ayant beaucoup travaillé pour les organisations internationales, qui a martelé l’importance des convictions et de ne jamais compromettre ses principes. Elle est revenue sur les obstacles à l’engagement, spécifiques aux femmes, telles que les obligations domestiques, et a expliqué que « la connaissance, la compréhension des systèmes d’oppression et la conviction de faire ce qui est juste» lui avaient donné son énergie et sa force pour poursuivre son engagement.
Photo: FES-SENEGAL
  • L’enseignante-chercheuse et ancienne ministre Penda Mbow, qui est revenue sur la complémentarité des différentes formes d’engagement politique des femmes, dans les partis, les instances, la société civile et la recherche. Elle a appelé les participantes à fédérer les luttes en dépassant les clivages, à être curieuses et partager leur expérience et leurs connaissances, et surtout à être constantes dans leur engagement : « Il faut toujours se battre, car à la fin on obtient des résultats ! ».

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